Détente et évaluation

Ce week end, j'ai fait une vraie pause... Pas de travail ni samedi, ni dimanche...Mais resto chinois samedi soir dans le centre de Turin, et dimanche midi dans une trattoria de la province de Cuneo...Et donc, un dimanche àprès-midi à digérer!!! Du coup, Luca, mon copain, n'en revenait pas et a enfin posé sur moi un regard d'"humain"...Il est très déconnecté de la vie estudiantine et observe ça de loin...Luca merci pour ta patience!

 Les symptômes de stress se sont donc allégés...Je suppose que beaucoup d'entre vous ont passé cette période dans l'urgence...le forum en manifeste...Pour le 15 février, nous devions rendre un devoir pour le cours d'interculturel, d'évaluation, de FOS...Euh...c'est tout? Euh...ben oui, je crois...à moins que j'en ai oublié un derrière un neurone...

Bilan: que ce soit le remue-méninges sur l'évaluation ou sur la langue française (fait par mes deux classes de terza), j'ai trouvé ces devoirs très enrichissants...D'ailleurs, demain, le remue-méninges sur la langue va me servir d'appui pour mon cours...j'ai hâte de parler de tout cela avec mes élèves. Pour l'évaluation, même richesse mais quelle confusion après ce message quant au travail attendu...Mr Chardenet s'est amusé à inventer un référentiel bidon de 2483 mots, mais il l'a fait d'une manière un peu ésotérique qui a été destabilisante pour certains...Fabienne, par exemple, a même repris son travail, qu'ella avait pourtant rendu depuis un petit moment...Même Estelle, notre ex-journaliste préférée, a été destabilisée...je l'ai été moi-même, pas par le message en lui-même, mais par le fait qu'il ait été interprété sérieusement par certains m'a laissée un peu perplexe...Surtout que mon analyse fait grosso modo une quinzaine de pages..on est donc loin de 2500 mots...Ainsi, je l'ai relue, et après quelques calculs effectués sur la base du référentiel donné par Mr Chardenet, j'ai rigolé un bon coup, en constatant que beaucoup de mes collègues et moi-même, avec une analyse de - 1500 ou + 2000 mots, nous nous exposions à de forts risques, e considérant la "pondération inférieure" ou "supérieure"...N'ayant pas fait de "remplissage", j'ai donc annoncé à tout le monde, sur le campus numérique (notre exutoire estudiantin), que je m'exposais également à ce risque...J'ai encore plus rigolé quand Celia, en une phrase, nous a envoyé le reflet de l'aspect un peu grotesque de ces préoccupations...chiffrées.

Je pense que le problème est dû à un certain hermétisme du discours du prof, qui, toutefois, utilise sporadiquement des mots "bien de chez nous" ( nous...les étudiants)...Il est vrai que la lecture du cours est au premier abord un exercice quelque peu exotique et que certains messages de Mr Chardenet font partie de ceux dans lesquels c'est le lecteur qui construit la réponse, sa réponse. Ce qui peut évidemment destabiliser des étudiants...et c'est ce qui s'est passé, d'après moi...Un peu de tension aidant (notamment à travers un message  relatif à nos capacités organisationnelles -défaillantes, en l'occurence, à cause d"un problème de visibilité sur le forum...oui, oui, je suis de bonne foi!-, en lien avec le niveau de la formation...) le climat a été propice à l'exagération du stress et de la remise en cause...

Et oui, bac + 5 ans, c'est du temps, de l'argent investi, et beaucoup beaucoup de soi-même..Autant dire que l'enjeu est pour nous tous très important, à tel point que certains s'accordent deux ans pour atteindre leur objectif..Ce master est chargé, je dois dire,  comme beaucoup d'entre vous. Et en cas de tension comme celle que j'ai relatée, il me semble que l'important, à terme, est toujours d'essayer d'envisager la perspective de l'autre pour résoudre après coup et comprendre ces bugs communicationnels.

lundi 18 février 2008 11:33 , dans Réflexions sur la formation


Coup de gueule

Pour ce matin, je finirai par un coup de gueule.

J'ai toujours pensé qu'enseigner était une vocation portée sur l'altruisme, sur l'enrichissement des individus. J'ai eu la chance de croiser sur mon chemin un certain nombre de ces vrais pédagogues qui ont donné tout son sens à cette conviction. Dans le contexte dans lequel je fais mon stage, c'est l'exemple inverse qui la renforce.

Que dire, lorsqu'on est confronté à un nombre certain d'élèves qui ont déjà à leur actif deux/trois ans d'apprentissage/enseignement du français, qui ont des lacunes de base comme la prononciation des consonnes finales et autre e muets, ou encore qui utilisent le système phonographique de leur lnague pour lire un texte français?

Du côté du "que faire?", dans mon rôle actuel (lectrice, de surcroît "accompagnée" par les enseignants), l'unique possibilité d'action a été d'avoir avec eux un discours "méta" sur le moment, et de leur donner des exercices ciblés à effectuer en ligne. Je leur ai donné rendez-vous pour une lecture à haute voix au prochain cours...

lundi 11 février 2008 11:09 , dans Du côté de mes élèves


Des contacts, toujours des contacts!!

En début d'année, j'ai donné à mes élèves mon adresse de messagerie, afin qu'ils puissent me solliciter pour un éventuel appui...En fait, plus qu'un appui, c'est vraiment la relation qu'ils semblent rechercher...

Tout à commencer avec Milo, puis Giulia, Marco, Serena, Alessia...et tout ce petit monde simultanément...Ils établissent souvent le contact le soir, vers 21h...J'ai été très surprise de voir que spontanément, d'eux-mêmes, ils ont cherché à établir le contact...les sujets de conversation sont variés (le dernier contrôle en français après la période des cours de rattrapage, le passé composé, confrontation politique france/italie...). Parfois j'ai eu des contacts individuels, notamment un soir de cafard pour Giulia, qui m'a confié qu'elle pensait à sa maman décédée d'un cancer quatre ans auparavant...La situation étant un peu particulière au niveau affectif, je me suis adressée à Giulia en italien...

Alessia, quant à elle, a cherché à me manifester de l'intérêt, en me mettant dans la confidence de sa préférence pour mes cours...Bref, ils me manifestent tous beaucoup d'intérêt. Même si bien évidemment, tout ne "glisse" pas...Notamment toujours par rapport à la discipline...l'autre jour, une élève avait pris la parole pour donner son opinion sur la polémique provoquée en France lorsque Serge Gainsbourg a repris en reggae la Marseillaise...et je n'arrivais pas à l'entendre, car deux trois p'tits gars parlaient en même temps en italien. J'ai donc remis les pendules à l'heure le temps de faire une parenthèse, en les prenant du côté du respect et de la responsabilisation. Au cours suivant, c'est l'élément perturbateur qui a pris la parole pour la première fois, et il n'y a eu aucun problème de ce genre. Ca a marché? J'ai l'impression que mes déplacements dans la salle joue dans l'éclosion de ce genre de phénomène...Lorsque je dois être près du bureau, pour gérer la vision d'un reportage ou autre, par exemple, ça s'est produit; si je me déplace, si je vais en face de mon interlocuteur, que je me tourne, me retourne, pour "distribuer" des regards, là, tout va bien...Bon, c'est vrai, jusqu'à présent, je n'ai fait que peu de cours avec eux, mais leur recherche du contact et le comportement général en cours me semblent confirmer l'importance de la dimension psychologique dans la situation d'apprentissage.

lundi 11 février 2008 10:44 , dans Du côté de mes élèves


La traduction dans l'enseignement des langues en Italie

Il y a environ deux semaines, Carmela m'a demandé si je pouvais préparer l'évaluation concernant la théorie commercial et le concept de mercatique. Elle a ajouté (je traduis): " On a fini la leçon: nous avons lu et traduit le livre.". Si je me rendais bien compte que le temps de la formation était bien loin pour cette enseignante en fin de carrière, je ne m'étais pas rendu compte à quel point ses élèves étaient conditionnés par ces pratiques. En effet, ils sont très demandeurs de la traduction, trop. J'ai essayé, pour le cours e-learning d'y couper, en ne traduisant que le strct nécessaire, à savoir des informations plutôt techniques pour que tout fonctionne. quand je rédige les consignes en français, j'essaie toujours d'exploiter la parenté entre les langues, justement pour leur montrer qu'ils peuvent, dans un certaine mesure, se fier à l'intercompréhension...Mais rien n'y a fait, deux jeunes filles du groupe m'ont avoué qu'elles "ne savaient pas ce qu'elles devaient faire", il y a de cela deux semaines. Il est vrai que le groupe est hétérogène, en terme de niveau, j'en ai donc tenu compte et ai traduit les consignes de manière aussi discrète que possible...Mais cela uniquement pour la première unité...J'espère, avec le tutorat, pouvoir débloquer la situation...Cela me semble possible car deux des jeunes filles ont a contrario unegrande sensibilité à la parenté linguistique entre l'italien et le français. On verra bien!

lundi 11 février 2008 10:30 , dans Réflexions sur le stage


Les devoirs s'enchaînent

Ce matin, je me lève, je me fais un bon p'tit café (avec la Moka incontournable), j'allume l'ordi, je me connecte sur Dokeos...et je vois que je suis en retard dans la remise d'un travail pour le cours d'évaluation...Décidément, moi et les délais! Je pensais que la date de remse des travaux était ficée au 15 du mois en cours...Et non! C'était pour le 10...Heureusement, le travail était fait, je devais juste le relire...Mais j'attendais le dernier moment, au cas où j'aurais voulu améliorer mon travail...ah la la...

 

La tâche 1 pour le Fos est prête...Le forum qui y est consacrée est curieusement très peu dynamique...

 

A l'horizon? La tâche 2 pour le cours d'évaluation, le remue-méninges pour le cours d'interculturel (je le fais demain, comme l'école était fermée la semaine dernier...Grrr à propos, personne ne m'a informée...j'ai fait 60 bornes pour rien hm hm), et je n'aurai que peu de temps pour le faire puisque c'est à rendre pour vendredi (j'adoooore travailler dans l'urgence!!!), la tâche 2 pour conception des ressources générales et ressources fos, la tâche sur les tice à 4 (qui s'annonce motivante mais hardue)....

Bref, que du bon temps qui s'annonce!!! Euh, on la perçoit, l'ironie? En fait, j'adore ce que je fais, mais je dois dire qu'après avoir "gloupsé" d'un coup ces 4/5 ans d'études intenses, avec tous les changements que ça a impliqué (changement de région, de paysage, d'entourage, puis changement de pays, de langue, de culture...), j'ai hâte d'en finir, mais d'en finir bien, si je puis me permettre! Je me sens comme dans une bulle que je ne partage qu'avec les acteurs de cette formation, en marge de mon entourage. J'au lu un tel commentaire fait par l'un de mes collègues...Sentiment normal, sûrement...

lundi 11 février 2008 10:13 , dans Réflexions sur la formation


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